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Gaza, carrefour de l’éthique mondiale Socrate en Palestine
Posted by admin in Manuel de Diéguez, Site-forum public philosophique on 27 septembre 2009
A – Le Titan enchaîné
La semaine dernière, je me suis un peu expliqué sur l’inconscient théologique de la politique simiohumaine et notamment sur le fonctionnement parareligieux de l’encéphale de la démocratie mondiale. Mais comme il se trouve que l’histoire écrite nous raconte quelque six millénaires d’alternance de l’expansion et de la chute des empires, il fallait se décider à prévoir la ruée fatale de la planète de demain vers un affrontement herculéen entre les idéaux rédempteurs et apostoliques dont le mythe démocratique de la Liberté est censé s’inspirer d’une part et la volonté non moins ardente et viscérale des peuples et des nations de s’étendre par le fer et le sang.
Le drame de l’histoire guerrière de notre astéroïde que l’empire américain nous déroule avec ténacité sur les planches du théâtre du monde depuis 1945 nous contraint d’esquisser un premier scannage des mécanismes psychobiologiques qui assurent le fonctionnement mental, puis physique de la religion d’aujourd’hui, mécanisme fondé sur la foi en l’avènement d’un nouveau type de « royaume des cieux ». Les Etats-Unis et Israël font un usage conjoint de cette croyance depuis 1947, mais cette alliance forcée et artificielle va connaître des soubresauts et des convulsions mortels, parce que la coalescence entre le messianisme américain et le sionisme guerrier ne conduira la mappemonde qu’à une symbiose périssable de leurs angélismes respectifs. Comment cette collaboration résisterait-elle longtemps à la défense des seuls intérêts et à la promotion exclusive des ambitions politiques du Nouveau Monde?
Jamais on ne verra un empire sacrifier aveuglément son avenir politique sur l’autel éphémère dont Jahvé et le Dieu de Calvin se partagent pour l’instant les senteurs. D’où les efforts titanesques de l’Amérique de John Fitzgerald Kenndy, de Bush senior, puis de M. Barack Obama pour se défaire de ses chaînes et ramener le peuple hébreu dans le giron qui lui avait été tendrement aménagé en 1947, mais dont il était élémentaire de prévoir qu’il s’en évaderait d’un bond pour exercer pendant des générations ses crocs juvéniles, puis de plus en plus aiguisés sur les proies tentantes des alentours.
2 – Les nouveaux guerriers de l’intelligence
Tel est le contexte simianthropologique durable dans lequel la Palestine est appelée à devenir, pour un siècle entier, le cœur battant d’un conflit mondial insoluble entre la politique immémoriale des glaives et les séraphins aux ailes fragiles des démocraties. Le cerveau biphasé de notre espèce se trouvera précipité une fois de plus dans l’arène des gladiateurs: d’un côté, il sera bien impossible de valider un jour la béance irrémédiable entre le règne de la justice et du droit dont les républiques professent les béatitudes depuis Périclès et l’expansion territoriale invalide par nature dont Washington et Tel-Aviv se disputent les symboles et les sceptres.
Verrons-nous donc reparaître le même type d’intellectuels désespérés par les crimes et les carnages du monde qui, tels Stefan Zweig, se suicideront en samouraïs de leur impuissance, mais aussi de leur ignorance au spectacle de l’inexorable agonie de l’Europe de la pensée, ou bien une race nouvelle de guerriers de l’intelligence verra-t-elle le jour? Mais alors, comment déchiffreront-ils les secrets du destin des armes et des songes de la démocratie mondiale? Disposeront-ils d’une science d’experts de l’impérissable mieux armée et plus profonde que celle de la génération antérieure à la seconde guerre mondiale, qui était davantage confite en dévotions culturelles qu’armée du scalpel des fils de Darwin et de Freud?
C’est dans cet esprit que j’ai imaginé la possibilité de rédiger un appel provisoire des philosophes d’avant-garde de l’Islam et de l’Occident, afin qu’ils tentent de donner courage et confiance au peuple et aux intellectuels palestiniens encore privés des scalpels et des bistouris de la raison de demain. Car le monde entier est sur le point de découvrir que l’empire américain en tant que tel ne sera jamais en mesure de se légitimer aux yeux du droit international, donc de se rendre compatible avec l’éthique universelle dont il se réclame, et cela pour le motif simple et évident que la notion d’empire ne répand pas des effluves compatibles avec ceux qui émanent des principes juridiques et moraux dont ce régime politique est condamné à se réclamer sur la scène internationale. L’odeur de son illégitimité originelle, Washington la partage donc avec celle du peuple de conquérants que Jahvé est censé avoir armés.
Vous me direz que le hiatus entre l’évangélisme politique et l’histoire a subi l’épreuve de vingt siècles de christianisme et que les prie-Dieu de la démocratie n’ont pas de raison de se montrer moins durables que ceux du Saint Siège. Ce serait oublier que le règne temporel du Vatican n’est plus qu’un souvenir et que le catholicisme a cessé de produire des philosophes marquants depuis la mort de Hegel en 1830. Une religion qui ne produit plus de penseurs sérieux depuis cent quatre-vingts ans doit etre déclarée cérébralement défunte. Mais l’esprit ne meurt pas avec l’encéphalogramme plat d’un clergé: au contraire, le monde attend la nouvelle » Lettre aux Romains » d’une hostie de l’esprit.
Qui peut croire que le souverain pontife du sacerdoce planétaire de la démocratie dont le trône est à Washington survivra aux Luther modernes de la Liberté qui s’attaqueront au trafic des indulgences auquel se livrent les nouvelles capitales de Curie deux siècles seulement après leur nativité? Qui peut croire qu’au siècle des images et de l’instantanéité de l’information, la planète se convertira à une démocratie mondiale des cierges et des signes de croix? Bien plus, les philosophes à venir mettront en évidence les ressorts transecclésiaux de l’histoire de l’esprit et du génie des civilisations.
Mais pour mettre sur la table les cartes respectives de la raison européenne et de l’Islam de demain, il faut une anthropologie en mesure de rendre compte des fondements psychobiologiques des perversions du sacré qui scindent l’encéphale de notre espèce schizoïde entre le réel et des mondes imaginaires tour à tour patelins et cruels. Ce sera l’objet d’une analyse ultérieure des ressorts d’un « spirituel » rebelle aux bons de caisse de la piété. Aujourd’hui il importe seulement de déblayer le terrain des fausses dévotions en posant la question centrale de savoir quelles sont les relations politiques que le simianthrope entretient avec la torture et dont il charge ses trois dieux uniques de les illustrer sur le mode confessionnel et théologique.
3 – Un électrochoc épistémologique
Certes, les Etats-Unis ne sauraient se trouver condamnés par un tribunal de la conscience universelle des démocraties à régresser au rang d’un Etat parmi d’autres si les parfums vertueux de l’île d’Utopie de Thomas More fleurent la malodorance des fuyards de la nuit animale. Et puis, même s’il devenait possible de mettre un terme à l’expansion messianique d’Israël et de reconduire ce guerrier à sa niche de 1967, ce miracle ne résoudrait pas la question de l’impossibilité absolue de jamais légitimer après coup et de guerre lasse le retour massif et meurtrier des fils de Moïse en Palestine – retour suivi de l’extermination massive des autochtones depuis soixante ans. Même si les pestilences de cette morale des fauves devait bénéficier de l’aval de la planète entière des démocraties ensauvagées par leurs propres juristes, il sera exclu que les philosophes des deux civilisations entérinent lâchement des puanteurs qui leur retireraient de surcroît et à jamais toute légitimité socratique, tant aux yeux de leur propre conscience qu’à ceux de la postérité.
Mais qu’en sera-t-il de la classe des accoucheurs de la raison de demain s’ils ne sauraient ni se constituer en une classe sacerdotale, ni s’exiler en quelque Thébaïde, ni s’enfermer dans les monastères, ni sombrer dans un nihilisme sans remède ? Décidément, ce sera un grand privilège spirituel pour la Palestine d’apprendre que ses souffrances feront d’elle le nouveau sépulcre à délivrer des mains des infidèles. Mais encore faut-il réinventer le saut hors de la mort qu’on appelle la philosophie .
1 – Comment installer un Etat truqué sur la scène internationale ?
Dans une leçon précédente, je vous ai enseigné que l’esprit des lois s’apprend sur les bancs de l’école, mais que vous ne comprendrez le droit qu’à la lumière de la politique de la France et du monde et que vous êtes des fils de la République nés pour vous initier aux affaires de cette terre dès votre plus jeune âge.
Aujourd’hui je vais tenter de soumettre à votre réflexion de citoyens en herbe une illustration planétaire de cette évidence, parce que vous allez vivre quelques semaines intenses au cours desquelles vous découvrirez qu’un Etat né invalide par l’effet d’une malédiction attachée à l’illégitimité de sa naissance se trouvera empêché de laisser un Etat véritable s’asseoir à ses côtés, parce qu’il se trouvera condamné d’avance soit à disparaître dans le cas où il tenterait de s’imposer le devoir de respecter les fondements du droit international public, soit à imposer de force à son voisin la même mascarade juridique qui lui donne sa fausse ossature. Voyez comment les Etats-Unis et Israël tentent vainement de paraître porter sur les fonts baptismaux un « véritable Etat palestinien », alors que, dans le même temps, ils entendent bien refuser tout net à ce simulacre d’Etat le statut et les attributs naturels et traditionnels qui seuls le valideraient aux yeux du droit international en vigueur, puisqu’ils lui demandent rien de moins que de s’abstenir de revendiquer des frontières et de renoncer d’emblée à se proclamer souverain.
Comment des démocraties, même devenues componctieusement pastorales sous la houlette de Washington depuis 1945 peuvent-elles se ruer dans l’absurdité de demander à la Palestine de s’affubler de tiares de carton, afin qu’Israël puisse donner de l’épaisseur au vide juridique qui l’habite? Voyez maintenant combien, en revanche, une politique durable et un droit reconnu sont voués à se légitimer réciproquement afin que les nations puissent devenir des acteurs de l’histoire du monde; et voyez combien les Etats dépourvus de fondements juridiques, donc universels parce que moraux, sont condamnés de nos jours à disparaître rapidement en raison de leur invalidité originelle. D’abord, il sera impossible à des pseudo Etats de ce genre de tenter de se donner une capitale qu’ils se partageraient gentiment. Ecarquillez les yeux, bonnes gens, au spectacle de mimes qui va se dérouler sous vos yeux; car les attifements des marionnettes sont utiles à l’apprentissage non seulement de l’histoire et de la politique, mais de l’éthique des nations civilisées à l’heure où Gaza deviendra le cœur saignant du monde.
2 – Les dieux infernaux du simianthrope
Sachez, les enfants, que la plus haute philosophie s’est toujours fait une rampe de lancement de la faiblesse d’esprit du monde des adultes. La dernière en date des sottises de vos aînés vous conduira à réfléchir sur les relations que les trois dieux actuellement régnants entretiennent avec la torture sur la terre et dessous. Longtemps l’éducation nationale a suffi à assurer votre éducation; mais maintenant, vous ne deviendrez jamais ni des citoyens européens, ni une génération éclairée à l’échelle de la planète si vous n’êtes pas informés des enjeux d’une politique mondiale que l’anthropologie critique vous apprendra à déposer sur les plateaux de la balance à peser les civilisations. Car la connaissance réelle de ces enjeux passe par la spectrographie du cerveau du simianthrope; et ce scannage-là exige l’examen de l’encéphale des dieux d’hier et des trois derniers arrivés, dont chacun se croit unique.
Mais bientôt le camp de concentration en plein air de Gaza deviendra le laboratoire mondial dans lequel nous observerons le fonctionnement du cerveau de notre espèce et de ses idoles; car cette ville martyre servira de déclencheur irremplaçables des retrouvailles de l’islam d’Avicenne, le philosophe-médecin, avec les descendants décérébrés d’un certain philosophe français qui inspecta notre boîte osseuse et dont le Discours de la méthode parut en latin en 1636 et en gaulois en 1637. Or, près de trois siècles après la parution de cet illustre traité du bon sens, les trois dieux uniques qu’adorent encore vos parents se chamaillent toujours sur de nombreux points de leurs théologies respectives. Mais ils continuent sans sourciller de se livrer à leur championnat du monde de la torture dans l’arène des souterrains où leur rivalité n’est pas sujette à controverse entre eux, tellement leur sainte justice use des mêmes rôtissoires dans les profondeurs de la terre.
Quelle chance que celle de votre génération ! Vous réconcilierez les philosophes du monde entier avec leur mission la plus socratique, celle de se pencher sur les fours crématoires qui servent de miroirs aux dieux infernaux qu’adore encore notre espèce! Sachez que les épreuves auxquelles la Palestine se trouve dévotement soumise sous le ciel des trois tortionnaires des nues devant lesquels notre espèce s’agenouille serviront de levain à un humanisme d’une haute impiété spirituelle, sachez que cette tragédie mettra entre vos mains les armes de l’intelligence à venir de l’humanité, sachez que l’islam de la raison aidera l’Occident à retrouver le chemin de sa vocation la plus divine, celle qui faisait dire à Aristote: « Socrate s’est surtout occupé de la morale ».
Depuis lors, la philosophie se divise entre deux empires, celui qui se prend les pieds dans le tapis à arpenter en vain le cosmos et celui des spéléologues d’une espèce livrée au vide de l’immensité.
3 – Que dirait Socrate aujourd’hui ?
Le Hamas rappelle qu’il est contraire aux principes éternels du Coran d’installer par la volonté d’une loi internationale contrefaite, puisque fondée sur le reniement de ses propres principes, une population de guerriers en provenance du monde entier et de les faire débarquer les armes à la main sur le territoire d’un peuple innocent afin de l’exterminer froidement ou de le chasser à coups de fouet de ses terres. Mais la barbarie du péché originel de la démocratie mondiale se trouve condamnée à son tour et avec la dernière vigueur par toute l’aile pensante de la planète dont les idéaux et l’éthique se réclament de la légitimation des droits innés et universels de l’humanité et d’abord du principe de la liberté des nations de disposer souverainement d’elles-mêmes.
Que se passerait-il si une phalange de philosophes musulmans et européens lançait d’un seul cœur et d’une même voix un encouragement et une exhortation aux Palestiniens dont les termes seraient à peu près les suivants?
« On ne fonde pas l’histoire véritable des lois sur les faux apprêts d’une nation de parjures, on n’intronise pas un peuple dans une communauté mondiale des hypocrites de la Liberté, on ne demande au tribunal international d’une justice et d’une liberté infidèles à leur propre loi de réclamer de la planète dite des droits de l’homme et du citoyen une apostasie qu’une décennie suffirait à flétrir, on ne bâtit pas un Etat sur le déshonneur de ses habitants. Vous êtes devenus les gardiens des principes fondateurs de la démocratie sur les cinq continents. Si vous deviez accepter de trahir la patrie de vos aïeux, nos deux civilisations s’en trouveraient détruites jusque dans les fondements de leur éthique et de leur philosophie du droit.
« Vous êtes devenus l’enjeu des valeurs fondatrices de la conscience universelle et de l’intelligence politique du monde. N’acceptez jamais qu’on daigne vous accorder la grâce de vous élever au rang d’un Etat doté du bout des lèvres d’une pseudo souveraineté dont on brandirait bien haut les affutiaux sous vos yeux; car une nation de ce genre fonderait votre dignité morale et politique sur une confession de foi caduque ab origine et par définition, puisqu’elle vous aurait été extorquée par les faux dévots de la démocratie. Comment la prétendue légalité de votre nouvelle patrie reposerait- elle sur la honte qui résulterait de votre lâche acceptation d’une dépossession définitive de la majeure partie du territoire de vos ancêtres, alors que vous en demeurez les propriétaires à titre tellement inaliénable qu’Allah lui-même ne saurait disposer de l’autorité d’abolir ses propres lois ?
« Gardez courage, Clio vous a placés à la croisée des chemins de la droiture d’esprit du monde, gardez confiance, jamais un avenir durable ne se bâtira sur l’abaissement d’une servitude sanctifiée par de fausses dévotions. »
Si des penseurs de l’islam et des juristes occidentaux signaient une exhortation au peuple palestinien à ne pas se frapper d’infamie, qu’adviendrait-il des relations que les philosophes des deux civilisations entretiendraient entre leurs éthiques sommitales? Un dialogue vivant naîtrait-il de leur regard commun sur l’homme et sur l’histoire ? Mais pour que cette initiative se révèle heuristique, il faudrait un courage partagé par les interprètes des trois religions du Livre, celui de débattre dans un même esprit du statut de la raison de demain, de la nature de l’intelligence dont dispose actuellement notre espèce et de la définition même du mot » vérité » dont les évadés de la zoologie font, pour l’heure, un usage pervers et corrompu dans les basses et les moyennes régions de l’atmosphère.
4 – Une radiographie de la politique de la torture
Voici les faits qui pourraient commencer de vous conduire dans les profondeurs du tragique où la vérité vous présente ses crocs et commence d’ouvrir toute grande sa mâchoire : j’ai lu dans Le Monde du 6 septembre 2009: « Le Ministre de la justice des Etats-Unis publie un rapport officiel qui lui a donné la nausée: une dizaine d’agents de la CIA pourraient être poursuivis. » Le débat sur la moralité et sur l’immoralité de la politique que nous attribuons à nos trois dieux uniques se placerait-il tout autant au cœur de la géopolitique d’aujourd’hui que du temps de Socrate? Car le patriotisme ne saurait se révéler pieux au motif que la foi est utile aux nations dans la guerre ? Mais, dans ce cas, la question de la nature des idoles refait surface : quelle est la moralité du personnage international que nous appelons « Dieu »? Pourquoi Socrate s’interrogeait-il obstinément sur l’éthique de Zeus, pourquoi se demandait-il sans cesse si les dieux sont de fieffés commerçants et s’ils sont intéressés au premier chef à recevoir des cadeaux ridicules sur leurs autels?
Le courage nouveau auquel la pensée d’aujourd’hui vous appelle vous conduira à peser à son tour l’immoralité du ciel triphasé avec lequel le simianthrope continue in petto d’entretenir un commerce rentable. Ce sera de vous que l’Islam et l’Occident apprendront la vaillance d’écarquiller les yeux sur l’immoralité les trois divinités demeurées en lice sous nos yeux. Souvenez-vous que seule son audace socratique a permis à Nietzsche d’écrire que le christianisme périra de l’immoralité de sa divinité. Ayez à votre tour la témérité évangélique, coranique et isaïaque de jeter demain à la face de la planète la question des relations que notre civilisation si fière de porter la panoplie des théologies de ses trois dernières idoles entretient avec la torture. Vos aînés ont placé Guantanamo au cœur de l’histoire du monde depuis huit ans. Quel est le profit politique que les Etats d’aujourd’hui retirent de leur pratique officielle de la torture ? Dis-nous, Socrate, ce que tu penserais d’une philosophie qui se prétendrait socratique, mais qui n’aurait en rien appris à radiographier le monde à ton école? Conduis-nous par la main en direction des souterrains concentrationnaires du sacré.
5 – Une histoire des tortures sacrées
Certes, les morts que les amiraux athéniens victorieux aux Iles Arginuses avaient négligé d’enterrer subissaient la torture d’errer à jamais dans l’Hadès ; mais leurs tourments étaient loin d’égaler ceux dont nos trois idoles se rassasient maintenant. Et puis, ces amiraux ont été condamnés à mort par le peuple athénien pour avoir réservé un sort aussi misérable à des patriotes morts au champ d’honneur, alors que les tourments infernaux dont se nourrit désormais la piété du monde ont bondi de dessous la terre pour débarquer sur notre astéroïde de la Liberté. Songez, mes enfants, qu’Israël torture des enfants sous la douteuse attention d’un médecin consentant à ces pratiques. Savez-vous que cet Etat se livre à un trafic fort rentable avec les « dons » d’organes qu’il prélève sur les cadavres de l’ennemi et qu’il revend au plus haut prix, parce que les Israéliens refusent, hélas, de prolonger la vie de leurs co-religionnaires au prix du cadeau même bien rémunéré aux vivants, de leurs organes après leur propre trépas? Savez-vous qu’une civilisation moins cruelle que la nôtre et qui ne torturait pas encore ses morts sous la terre ménageait également davantage les vivants que nos trois dieux uniques, qui ont inventé, eux, le rôtissage éternel des trépassés?
Ce sont vos ancêtres qui, aux côtés de leurs idoles, jugeaient nos tourments posthumes indispensables à la piété de leurs confessions de foi, ce sont vos ancêtres qui s’accordaient dévotement sur la cuisine infernale de leurs dieux. Dis-moi, Socrate, pourquoi avons-nous progressé jusqu’à nous fier à une religion spécialisée dans la fabrication des instruments de torture les plus raffinés, pourquoi adorons-nous un génocidaire expert en inondations et spécialisé dans les crémations souterraines ? Apprenons à nous regarder dans ce miroir-là. Qu’en est-il du miroir de leur vérité politique dans lequel les chrétiens, les musulmans et les juifs se mirent depuis deux mille ans si leur image se réfléchit dans la galerie des glaces de leur enfer?
Le blasphémateur athénien a refusé de condamner à mort les amiraux impies. Il ne partageait donc pas l’éthique du civisme que réclamaient des citoyens dont les cadavres flottaient sur la mer. Peut-être savait-il que le Zeus des Athéniens allait passer de l’ignorance à la cruauté. Dites-vous, mes enfants, que la noblesse et l’indignité du simianthrope sont la mesure de la noblesse et de l’indignité de ses idoles.
6 – L’abîme du « connais-toi »
Si une radiographie simianthropologique de la pastorale de la torture que l’islam et le christianisme se partagent et qui met les deux civilisations à l’école des cruautés de leurs empires infernaux pouvait vous conduire à retirer aux trois sauvages du ciel leurs saintes chambres de tortures, quel élan nouveau votre courage donnerait à la réflexion mondiale sur la dignité du peuple palestinien et sur les fondements de son futur Etat! Car, dans ce cas, vous vous souviendrez de ce qu’aux yeux de Socrate, la philosophie était la science du courage de l’ intelligence; et vous vous verrez contraints de demander aux mythes religieux en général et aux trois monothéismes en particulier: « Qu’en est-il de la vie spirituelle que la planète de notre abaissement dans la torture attend de nous aujourd’hui? »
Décidément, nous avons emprunté un chemin encore si peu fréquenté de l’histoire de notre encéphale que n’y avons rencontré âme qui vive. Mais un appel commun des penseurs de l’islam, du christianisme et du judaïsme au grand Athénien aidera la simianthropologie de demain à découvrir la signification de la sainteté que nous accordons aux tortures éternelles des morts – sainteté qui nourrit encore les trois théologies de la justice auxquelles notre idole pseudo unifiée accroche ses guenilles . Et voici que le chemin de l’avenir de la pensée mondiale nous reconduit tout droit à Gaza où un million six cent mille hommes, femmes et enfants se trouvent exposés en plein air et torturés au grand jour. Comment se fait-il que l’humanité entière assiste à ce spectacle sans se faire de souci pour si peu? Comment se fait-il que ce miroir-là de nous-mêmes et de la sainteté de nos trois Zeus soit devenu international sans que nous demandions à Socrate de nous conduire au plus profond de l’abîme du « connais-toi » des Athéniens d’aujourd’hui?
La pensée la plus profonde de Pascal est celle-ci: « Les grandes pensées viennent du cœur ». C’est dire que, sans le cœur, l’intelligence est aveugle, c’est dire que le cœur conduit l’intelligence dans les profondeurs du singe parlant, c’est dire que toutes les révolutions de l’intelligence sont celles du cœur. Si vous ne voulez plus de l’encens du dieu des tortures, donnez-vous en un autre et demandez à son cœur d’ouvrir les yeux de votre raison. Qu’ont fait les prophètes, sinon de changer la morale de la divinité nauséabonde de leur temps ? Et comment s’y sont-ils pris ? Ils n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère : ils l’ont bâtonnée et tabassée à plaisir. La Palestine sera la nouvelle terre des prophètes. De ce sol jaillira un autre Isaïe, qui tuera les trois dieux des tortures. Mais au précédent, Isaïe ne faisait-il pas dire déjà: « Vos mains dégouttent de sang sur mes parvis, vos sacrifices, je les ai en horreur « ?
Vous fixerez à la philosophie mondiale de demain l’heure de son rendez-vous avec Socrate dans le jardin des supplices de Gaza. »
Le 28 septembre2009
« avec l’autorisation de l’auteur »
Qu’est-ce qu’une religion simiohumaine ?
Posted by admin in Manuel de Diéguez on 25 septembre 2009
Deux siècles après la parution du célèbre Essai sur l’entendement humain de David Hume, quelle révolution de notre connaissance du fonctionnement de notre boîte osseuse ! Nous savons désormais que notre encéphale schizoïde nous installe à des degrés divers et changeants dans des mondes oniriques et que notre espèce se réfère à des réseaux de signifiants fabuleux par définition. Nous vivons tout enveloppés dans les songes sacrés que nous tisse notre imagination en folie.
Hume se doutait déjà que nous sommes le seul animal dont le domicile mental est fantasmatique et qui se localise dans un vide fictivement habité par des dieux; mais il ignorait pourquoi nous sommes livrés de naissance à un théâtre cérébral dément et qui nous met en porte-à-faux entre deux univers inconciliables, celui, limité, de nos sens et celui, illimité, qui nous détache du visible – et d’abord de notre propre corps – pour nous livrer pieds et poings liés à des représentations délirantes du cosmos. Le grand Anglais ignorait également que nous nous forgeons des relais mentaux afin de nous connecter à l’insaisissable. S’il avait su que nous trouvons notre assise psychique dans l’arène de nos présupposés mythologiques et qu’un surnaturel acquis ou admis sans examen nous permet de dresser les piliers du surréel qui nous arrimera à notre condition d’animal déhanché dans l’immensité, sans doute aurait-il reculé d’effroi devant la trappe dans laquelle nous sommes tombés. Le malheureux est mort en 1776. Depuis lors, nous nous essayons à décoder le capital psychobiologique qui nous élève un peu au-dessus du sol et nous transporte inexorablement dans un fantastique religieux ou idéologique.
Cependant, l’homme qui avait un siècle d’avance sur Kant demeure actuel en ce qu’il confirme que ce sont fatalement nos théologies qui se présentent en témoins assermentés de notre déphasage natif et de notre multipolarité incontrôlable: car sitôt qu’une plateforme de référence de type cosmologique s’est installée dans la boîte osseuse de notre espèce, notre encéphale commence de penser, donc de raisonner avec fougue, détermination et conviction. Pour cela, nous enchaînons des arguments dont la logique interne ignore que leur fondement est fantomal par définition et ne nous fournit jamais que des constellations mentales livrées aux joutes retentissantes auxquelles notre langage prête ses tambours.
Nous avons appris depuis lors que la fonction principale à laquelle s’exercent nos religions – celle de nous bâtir des édifices impérissables et que nous qualifions de rationnels – ne nous livre jamais que des représentations éphémères du cosmos et qui ne servent que pour quelques générations d’habitacles cérébraux et de focalisateurs sociaux et héréditaires aux aliénés d’un asile. C’est ainsi que le christianisme s’est fissuré à présupposer qu’il existerait un géniteur solitaire de l’univers à l’égard duquel ses créatures se seraient rendues coupables du péché ineffaçable de désobéissance, mais que leur châtiment éternel aurait pourtant pris fin ou se serait du moins trouvé momentanément suspendu grâce à l’intervention énergique du fils unique du monstre céleste. Car sa progéniture se serait donné librement à occire sous le couteau de boucher de son grand sacrificateur de père afin d’acheter son pardon au prix de son cadavre très précieux. Une réflexion sérieuse sur la cruauté du mythe nous conduirait à une analyse critique du marché multiséculaire des offrandes de notre vie à une idole insatiable et sauvage. Dans ce commerce coûteux, les montants respectifs de notre dette et de notre crédit auraient été âprement négociés afin de convaincre les nations de la nécessité de verser à leur maître céleste un tribut perpétuel et impossible à chiffrer afin de discipliner en permanence une espèce indocile ou franchement rebelle.
Manuel de Diéguez
« avec l’autorisation de l’auteur »
A propos de la bombe nucléaire de l’Iran ; Esquisse d’une théorie générale de l’inconsient religieux du cerveau des démocraties
Posted by admin in Manuel de Diéguez on 25 septembre 2009
Le Général de Gaulle usait souvent de l’expression: « Tout est simple et clair ». Ce qui se révèle le plus simple et le plus clair aujourd’hui, c’est que l’empire américain est nécessairement illégitime et qu’il ne pourra jamais se fonder sur le droit international public précisément pour la raison la plus évidente du monde, à savoir que les principes démocratiques proclament la souveraineté des Etats et la liberté entière des peuples à disposer d’eux-mêmes sur le théâtre du monde. Aucune nation démocratique n’est autorisée à engranger les bénéfices d’une guerre victorieuse, même si son trophée est mondial. C’est cela que toute la décolonisation a entériné.
Mais si l’existence même d’un empire américain qui étend désormais sa puissance militaire à toute la terre habitée et qui enserre notre astéroïde dans le réseau omniprésent de ses garnisons, si cette réalité, dis-je est étrangère au jus gentium actuel, qu’appartenait-il à la France seule d’entreprendre? Comme aucune nation ne peut aller camper de ce pas sur une autre planète, le Général de Gaulle a choisi la solution la plus cartésienne, celle qui, selon le Discours de la méthode, n’est autre que la voix du bon sens. La nation de 1789 avait le devoir de donner au monde un exemple mémorable de l’exemplarité de sa destinée. Pour cela il lui suffisait de rester fièrement debout sur son pré carré et d’entretenir avec l’empire triomphant des relations de souverain à souverain ; et dût cet exploit durer un siècle entier, quelle victoire que d’écrire la vraie histoire du monde, celle de vivre avec soi-même, le secum vivere des Romains!
Pourquoi avons-nous fini par nous ranger sous le sceptre et la tiare de l’empire américain à l’heure même de l’agonie de sa puissance, pourquoi avons-nous oublié que les lauriers artificiels que la raison pratique s’achète sur les marchés se flétrissent bientôt , pourquoi avons-nous oublié que seule la grandeur et la droiture de l’intelligence politique des peuples leur donne une mémoire?
Et pourtant, nous ne figurons pas encore parmi les peuples rangés à la queue leu leu sous le commandement de la nouvelle Rome, nous n’avons pas notre place aux côtés d’une Allemagne occupée par deux cents puissantes places fortes de l’étranger incrustées à jamais sur son territoire, nous n’avons que faire du voisinage d’une Italie quadrillée par les cent trente sept forteresses inexpugnables de son vainqueur depuis 1944 et nous ouvrons un œil attentif sur le Japon qui commence seulement de sortir de son sommeil et qui tente vainement de retirer son garrot avec la permission de son tenace protecteur. Mais la vanité des vaincus leur fait réclamer hochets et grelots de leur vainqueur. Nous sommes flattés de ce qu’un général français vienne de se voir placé sous les ordres de notre maître à la tête de l’armée des enrubannés de l’OTAN. Non seulement notre nation n’aura pas sauvé l’honneur de l’Europe asservie, mais la postérité dira qu’elle s’est mise dans les fers d’une puissance à l’agonie, tellement l’effondrement du dollar est imminent. Même si M. Barack Obama parvenait à faire adopter à la longue la loi sur la santé qui pousse la générosité démocratique jusqu’à accorder des soins médicaux aux pauvres de son pays, il n’en aura pas moins été démontré à la face de toutes les nations que ce ne sont ni le peuple américain, ni le congrès qui font la loi en Amérique, mais de puissants groupes financiers. Le prestige de l’empire en restera irrémédiablement altéré.
Mais la défaite militaire imminente en Afghanistan et en Irak fera dévaler la vraie crise économique sur le monde, celle qui ne sera ni le fruit du nouveau gangstérisme international des banques, ni de l’étranglement du marché mondial du travail, ni de la révolte sociale sur les cinq continents, mais de la dette de cinquante mille milliards de dollars – je dis bien, cinquante mille milliards de dollars – accumulée en trois-quarts de siècle par une occupation militaire du monde trop titanesque pour qu’aucun Hercule n’ait les épaules pour la porter.
Rome est proche de s’effondrer comme un château de cartes sous le poids de mille deux-cents légions barricadées sur un astéroïde qui défie leur taille, la nouvelle Rome est proche de laisser le souvenir d’une puissance tellement éphémère qu’un siècle aura suffi à anéantir son délire, tout simplement parce que, dirait le Général, il est clair qu’un édifice qui repose sur une monnaie fictive et fantasmatique par nature. Demain, la Chine, la Russie, l’Inde, l’Amérique du Sud vont jeter dans la poussière la relique tétanisante qu’on appelait le dollar.
Nous voici ramenés à la question de fond: si les principes de la démocratie ne permettent pas de légitimer des empires, la preuve ne pourra en être apportée qu’à l’écoute des leçons d’une critique anthropologique des relations que la politique entretient avec le sacré depuis les origines parce que tout empire est théocratique et inquisitorial par nature, de sorte qu’il faut observer les deux théologies armées jusqu’aux dents que confessent les démocraties. L’une tente d’imposer sa loi sous le vêtement du nouveau Golgotha d’Israël à la Palestine, l’autre voudrait citer l’Iran à comparaître devant le tribunal de l’inquisition anti-nucléaire.
Le 28 septembre, je mettrai en ligne une psychanalyse anthropologique parallèle à celle d’aujourd’hui, car Israël voudrait imposer sa Jérusalem céleste à une Palestine rebelle à se coucher sur le divan de Jahvé. Les deux études tenteront d’éclairer des lumières d’une psychobiologie du cerveau simiohumain, l’interdiction adressée aux démocraties depuis Périclès de fonder des empires viables, mais seulement des dictatures religieuses cachées sous leurs chasubles.
Manuel de Diéguez
« avec l’autorisation de l’auteur »
Platon
Platon (en grec ancien Πλάτων / Plátôn, Athènes, 428/427 av. J.C. – 347/346 av. J.-C.) est un philosophe grec, « disciple » de Socrate, dont la pensée s’inspire tant de ce dernier que de la pensée d’Héraclite et du pythagorisme. Il est généralement considéré comme l’un des premiers et des plus grands philosophes occidentaux, sinon comme l’inventeur de la philosophie, au point que Whitehead a pu dire que « la philosophie occidentale n’est qu’une suite de notes en bas de page aux dialogues de Platon ».
Son oeuvre, composée presque exclusivement de dialogues, est d’une grande richesse de style et de contenu, et contient, sur nombre de sujets, les premières formulations classiques des problèmes majeurs de l’histoire de la philosophie occidentale. Platon a ainsi exposé les problématiques fondamentales de la philosophie politique, de la philosophie morale, de la théorie de la connaissance, de la cosmologie ou encore de l’esthétique.
Sa pensée est une recherche sans cesse recommencée de réalités immuables (le Bien, le Vrai, le Beau) qui se reflètent dans les changements continuels des réalités sensibles, recherche qui s’oppose aux savoirs traditionnels, aux préjugés et aux opinions des hommes entraînés par leurs appétits illimités. Prenant soin de son âme qui aspire naturellement à ces réalités seules véritables, le philosophe tente d’acquérir un savoir réel qui doit rendre possible une éthique et une politique excellentes, condition d’une réalisation, toujours imparfaite et menacée de décadence, de la justice en ce monde.
Ces thèses, ainsi que leur problématisation et la mise en lumière de leurs enjeux philosophiques par Platon lui-même, ont eu une immense postérité et sont encore discutées et défendues de nos jours. Si Karl Popper a critiqué le « communisme de Platon », certains aspects du platonisme furent réactualisés par Frege et Russell, et Gilbert Ryle a souligné l’importance de dialogues comme le Théétète pour les études philosophiques contemporaines.
Friedrich Nietzsche
Posted by admin in Friedrich Nietzsche on 22 septembre 2009
Friedrich Wilhelm Nietzsche (15 octobre 1844 à Röcken, Saxe – 25 août 1900 à Weimar, Allemagne) est un philosophe et philologue allemand.
L’œuvre de Nietzsche se rattache principalement à la critique de la religion, de la moralité, de la culture contemporaine, de l’art et de la philosophie. Son style distinctif trouve ses fondements dans l’aphorisme et la poésie. L’influence de Nietzsche est substantielle dans la philosophie et au-delà, notamment dans l’existentialisme et la philosophie postmoderne.
À l’âge de vingt-quatre ans, Nietzsche devient professeur de philologie à l’Université de Bâle, mais il démissionne dix ans plus tard, en 1878, en raison de problèmes de santé qui l’affecteront toute sa vie durant (céphalées en particulier). Foudroyé par une crise de démence, il passe les dix dernières années de sa vie dans un état mental quasi végétatif, en compagnie de sa mère et de sa sœur. L’interprétation de son œuvre se trouve ultérieurement défigurée par l’image de la folie ou par la propagande nazie. Peu reconnu de son vivant, il est aujourd’hui considéré comme l’un des penseurs ayant exercé l’influence la plus profonde sur la pensée du XXe siècle.
Friedrich Nietzsche
Socrate (en grec Σωκράτης / Sōkrátēs) est un philosophe de la Grèce antique (Ve siècle av. J.-C.), considéré comme le père de la philosophie occidentale et l’un des inventeurs de la philosophie morale. Il n’a laissé aucune œuvre écrite ; sa philosophie s’est transmise par l’intermédiaire de témoignages indirects (en particulier par les écrits de son disciple Platon).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Socrate
